Quelques réflexions sur l’antisémitisme et son déni à la France Insoumise

Olia Maruani revient ici sur les problèmes d’antisémitisme au sein de la France Insoumise et appelle cette formation politique à s’y confronter.

Depuis les années 2000, l’antisémitisme a tué 12 personnes en France. En 2019, 687 faits à caractère antisémite ont été constatés contre 541 en 2018, soit une augmentation de 27% en un an. Ces faits se décomposent en 151 « actions » (dégradations, vols, violences physiques…) et 536 « menaces » (propos ou gestes menaçants, inscriptions, tracts, courriers…)1. Mais malgré ces chiffres alarmants, on ne peut pas dire que l’antisémitisme figure au premier plan des préoccupations des représentant·es de ce qu’on appelle aujourd’hui « la gauche ».

À chaque fois qu’elle est invitée à commenter tel ou tel acte antisémite, elle le fait presque à contrecoeur. Elle nie, relativise ou se tait : l’antisémitisme ne serait jamais rien d’autre que l’action d’un·e énergumène perdu·e, ou une tentative de déstabilisation d’un mouvement politique (le plus souvent au profit de l’ordre établi), ou encore — tout simplement — un mensonge ; parfois un peu des trois. Comme si la lutte contre l’antisémitisme était-elle-même devenue un combat réactionnaire.

Face à ce genre de réactions, et aux déclarations récurrentes qu’elles entraînent, le malaise est réel, et pas seulement chez les Juif·ves. Car ce que la gauche semble oublier, c’est que l’antisémitisme n’est pas que l’affaire des (environ) 530 000 Juif·ves de France. Désigner par l’appellation « antisémite » uniquement des actes ciblant les Juif·ves ne suffit pas pour comprendre les manifestations plus subtiles qui émergent ici ou là.

Dans sa forme contemporaine, l’antisémitisme n’est plus seulement un racisme qui a, pendant des siècles, motivé certain·es à discriminer et assassiner. L’antisémitisme commence dès que notre paresse nous pousse à analyser une situation comme résultante du complot de quelques malfaiteur·rices oeuvrant dans l’ombre. L’antisémitisme se nourrit des discours conspirationnistes et s’abreuve des critiques sociales tronquées, qui oppose à la va-vite deux camps, dans une vision manichéenne. L’antisémitisme se loge aussi désormais parfois (voire souvent) dans la diabolisation de l’État d’Israël, stigmatisé en tant qu’archétype fantasmé de l’impérialisme occidental, ou dans le renversement argumentatif qui fait passer les Juif·ves du statut de minorité à celui de supposés représentant·es d’un groupe privilégié, majoritaire et blanc.

En ce sens, l’antisémitisme n’est pas l’apanage d’un seul camp politique, bien qu’évidemment on le retrouve traditionnellement et parfois de façon très sophistiquée à l’extrême-droite, mais bien une structure de pensée qui s’infiltre partout. Malheureusement, on peut le déceler dans des discours de gauche, et c’est d’autant plus regrettable au regard des valeurs inclusives et égalitaires que porte cette aile du champ politique. D’ailleurs, l’omission quasi systématique de la lutte contre l’antisémitisme dans ce qu’on appelle souvent « luttes antiracistes » est un symptôme supplémentaire de ce refus de la gauche de s’emparer du problème à bras-le-corps. Cela crée des situations ubuesques où des militant·es antifascistes juif·ves, dénonçant des faits ou des remarques tenant de l’antisémitisme, se font accuser elleux-mêmes d’antisémitisme.

Pourquoi cette réticence à gauche à écouter les Juif·ves qui parlent d’antisémitisme ? Dès que l’on est issu·e d’une minorité, on développe au fil du temps une sorte de radar intime qui permet d’évaluer le degré d’inclusivité ou de tolérance d’une personne, d’un propos, d’une situation, d’une organisation. Ce n’est pas toujours évident de mettre des mots sur un inconfort ou sur une attaque. De savoir nommer précisément ce qui a été blessant. Cela demande un travail personnel de réflexion, qui peut parfois être long. Et quelle injustice d’ajouter au labeur de la formulation l’affront de ne pas être entendu·e, pas cru·e, voire méprisé·e ou insulté·e. Il faut du temps et de l’énergie pour réussir à se faire entendre. Comme le dit un adage moderne, derrière chaque homme féministe, il y a une femme fatiguée.

Or le radar s’affole souvent devant des déclarations de la constellation France Insoumise. Alors que ce parti veut être en pointe sur les questions relatives au sexisme, au racisme, au nationalisme, pourquoi fait-il l’impasse sur l’antisémitisme, qui parfois émane même de ses propres rangs ? Des « simples » militant·es du groupe Discord Insoumis qui postent sur Twitter une caricature de Zemmour en « Gargamel »2, jusqu’à certaines déclarations du leader du parti Jean-Luc Mélenchon, la déconstruction de l’antisémitisme ne semble pas être une cause prioritaire au sein de la France Insoumise.

Peut-on dire qu’il y a de l’antisémitisme à la France Insoumise ? Pour répondre à cette question, nous allons parcourir les différentes déclarations et tweets polémiques qui ont pu donner lieu à des accusations d’antisémitisme. Très vite, on s’aperçoit que ces dernières se cristallisent autour de la figure de Jean-Luc Mélenchon.

Alors peut être que Jean-Luc Mélenchon a bataillé toute sa vie contre l’antisémitisme, comme il aime à le répéter, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne prononce pas des phrases antisémites. À nous de l’aider à les débusquer, à traquer tous les recoins où elles se cachent — mieux, de lui permettre de ne même plus les formuler. Mais encore faudrait-il qu’il écoute.

Tout l’enjeu de ce texte est de se demander s’il est possible pour la gauche de se remettre en question ou si elle pense à tort que la moindre autocritique dessert son projet émancipateur en mitigeant sa radicalité.

Le 2 novembre 2021, Jean-Luc Mélenchon est au micro de RTL3. Il publie ensuite un extrait vidéo de son intervention avec pour commentaire ce tweet où il se défend face à une polémique qui a éclaté quelques jours plus tôt : « Il faut écouter ce que je dis, pas ce qu’en disent mes adversaires. L’accusation d’antisémitisme est le contraire de ce que j’ai fait toute ma vie. Elle a été faite partout aux leaders de gauche radicale. Arrêtez d’inventer des antisémites qui n’existent pas »4.

Dont acte, écoutons ce que dit Jean-Luc Mélenchon.

Le 27 octobre 2021, le grand rabbin de France, Haïm Korsia, est l’invité de Thomas Sotto  dans l’émission Télématin sur France 2. À la question du journaliste « Est-ce qu’Eric Zemmour est raciste ? », le Grand Rabbin a répondu : « Antisémite certainement, raciste évidemment »5.

Le 28 octobre 2021 sur BFMTV, quand Bruce Toussaint demande à Jean-Luc Mélenchon ce qu’il pense des propos de Haïm Korsia, il déclare « Mais il se trompe, monsieur Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu’il reproduit beaucoup de scénarios culturels: on ne change rien à la tradition, la créolisation, mon dieu, quelle horreur… Tout ça ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme »6.

Parce que le judaïsme serait une religion ultraconservatrice, réticente au mélange, il aurait été le terreau de la vision du monde rétrograde et in fine raciste d’un Éric Zemmour. Voilà ce que suggère Mélenchon. Or Zemmour ne se réclame pas en priorité du judaïsme, il se définit avant tout comme français. Les balbutiements de Jean-Luc Mélenchon sont-ils liés au fait qu’il peine à penser qu’un·e juif·ve puisse être antisémite ? L’histoire regorge pourtant d’exemples. Pourquoi aller chercher les aspects les plus négatifs du judaïsme pour expliquer l’antisémitisme d’un Éric Zemmour ?

Mélenchon a bien le droit de penser ce qu’il veut du judaïsme, ou même des Juif·ves. Aussi il peut penser ce qu’il veut de l’influence du judaïsme dans la société ou dans l’histoire, mais on pourrait attendre d’un leader de gauche qu’il s’attache à se montrer irréprochable quand il s’agit de dénoncer l’antisémitisme d’un adversaire politique d’extrême droite. Du moins, on espérerait plus de soin dans ses choix argumentatifs, dans le matériel théorique utilisé pour analyser les dangers que représentent les adversaires. Nier l’antisémitisme de Zemmour et expliquer son conservatisme rétrograde en l’assignant à un judaïsme ultraconservateur, c’est tomber dans des travers comparables à ceux d’un Zemmour qui théorise sur l’islam et les musulmans.

Ce dernier a souvent répété en substance qu’il n’y a pas de différence entre l’islam et l’islamisme et que tout musulman est un terroriste potentiel qui s’ignore. Mélenchon ne pèche-t-il pas ici de manière similaire ? Il semble dire que Zemmour sème le trouble parce qu’en lui coule le sang d’une lignée endogame et sectaire qui n’a jamais vraiment voulu s’assimiler aux valeurs de la République ouverte et moderne à cause de son archaïsme ethnique.

Inutile de préciser que le judaïsme porte en son sein une multitude de courants, tant religieux que culturels, dont l’existence suffit à démonter largement ces propos. On pourrait même écrire une thèse sur le judaïsme comme créolisation. Mais le fait d’exprimer en une pauvre petite phrase cette vision négative du judaïsme, confirme un soupçon qui plonge chaque camarade de gauche, Juif·ve ou non, dans le plus grand des malaises au fur et à mesure que le temps passe.

En effet, ce n’est pas la première fois que des clichés antisémites sont véhiculés au débotté, l’air de rien, par le leader de la FI. Rappelons-nous par exemple cet échange lunaire avec Apolline de Malherbes en 2020, quand elle lui demandait : « Est ce que vous croyez que les forces de l’ordre doivent faire comme Jésus sur la croix qui ne répond pas ? », et qu’il lui répondait du tac au tac : « Je ne sais pas si Jésus était sur la Croix, je sais qui l’y a mis, ce sont ses compatriotes »7. Comment ne pas s’inquiéter de la résurgence de ce poison du mythe du « peuple déicide », l’un des plus vieux tropes antisémites, à l’origine même de 2000 ans d’antisémitisme, non pas dans la bouche d’un leader d’extrême-droite catholique au racisme rance et suranné mais bien de gauche radicale, dont la lutte contre le racisme et l’antisémitisme constitue l’un des piliers de son programme électoral ?

Rappelons-nous aussi de ces mots prononcés le 24 août 2014 à Grenoble, lors de l’université d’été du Parti de Gauche : « Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres »8. L’idée d’une supériorité du peuple juif, de son arrogance, est aussi un trope antisémite, qui encourage le ressentiment et définit le Juif comme « autre ». Ce genre de sous-entendu frelaté permet en réponse les pires accusations, exactement comme quand Dieudonné dit que « le peuple élu, c’est le début du racisme »9.

N’écoutez pas « ce qu’en disent mes adversaires »

Pour Mélenchon (et les cadres de la FI qui le défendent systématiquement) c’est clair, pas besoin de se remettre en question, les accusations d’antisémitisme dont il est l’objet sont destinées à le salir personnellement, à le museler politiquement. Évidemment, l’accusation d’antisémitisme est une accusation grave, qui peut être utilisée comme arme de déstabilisation politique. D’ailleurs, en 2012, Jean-François Copé, Nathalie Kosciusco-Morizet et Alain Juppé avaient tous·tes trois été condamné·es par le tribunal correctionnel de Paris au titre du préjudice moral à la suite d’accusations d’antisémitisme à l’encontre de Jean-Luc Mélenchon.

Mais en terme d’accusations, ce dernier n’est pas en reste. Au fil des années, il a développé une profonde inimitié pour, dit-il, « le – prétendu – Conseil – soi-disant – représentatif des institutions juives de France […] »10, le CRIF, dont il dénonce sur France Info le « communautarisme » « particulièrement agressif »11 dès qu’il en a l’occasion. Pour lui, pas de doute, le CRIF est une organisation qui, à des fins politiques, utilise l’antisémitisme comme un « rayon paralysant ». Il s’agirait d’accuser d’antisémitisme tous ceux qui diraient « quelque chose qui ne leur plaît pas »12. Renversant la charge, et ne s’appliquant pas à lui-même la rigueur qu’il exige pourtant de ses opposant·es, Mélenchon devient selon lui-même la victime incomprise d’une cabale politique, et rien de ce qui émane de cette organisation ne saurait être considéré comme méritant sa réflexion. Aux yeux de Jean-Luc Mélenchon, l’antisémitisme, lorsqu’il est dénoncé par le CRIF, n’existe tout simplement pas. On retrouve, lors de ce même entretien à France Info, de nombreux adjectifs dépréciatifs : le CRIF serait « bizarre », « ridicule » ou encore « folklorique », comme pour renforcer l’idée que ces accusations seraient farfelues.
Mélenchon a le droit de ne pas aimer le CRIF. Il a le droit de penser que toutes les critiques qui émanent de cette organisation sont des arguments politiques contre sa personne ou son parti. En mars 2018, juste après s’être fait exfiltrer du cortège de la marche en mémoire de Mireille Knoll, il avait d’ailleurs accusé Francis Kalifat, alors président du CRIF, ainsi que la LDJ, d’en avoir plus fait « pour l’antisémitisme à cette occasion que des dizaines de basses besognes des vecteurs antisémites »13. Accusations qu’il avait dû retirer sous la menace d’un procès. Cela nous fait penser qu’il se joue là quelque chose de personnel, de l’ordre de la détestation mutuelle.

Pourquoi pas ? Mélenchon prend même le temps de préciser, lors d’un tweet du 28 mars 2018, qu’il « ne confond pas la communauté juive avec le CRIF et les énergumènes qui rompent la solidarité nationale contre l’antisémitisme »14. Après tout, à quoi bon perdre du temps à se remettre en question si les accusations sont infondées ? Pourquoi écouter les critiques de quelqu’un qui objectivement nous déteste ? Mais Mélenchon se montre-t-il plus à l’écoute quand les accusations d’antisémitisme viennent des ses allié·es et qu’elles sont formulées par son propre camp politique ?

En 2017, l’écrivain Jean Rouaud écrit dans les colonnes de L’Humanité que « de rechute en rechute il n’est pas possible de faire comme s’il ne s’agissait que de dérapages isolés imputables à la fatigue, à un emballement lyrique ou à un journaliste pugnace ». Pour lui, la goutte de trop vient de tomber quelques jours plus tôt15.

Dans sa note de blog du 4 décembre 2017, Jean-Luc Mélenchon revient sur son passage à une émission politique sur France 2 qu’il qualifie de « traquenard » destiné « à l’humilier » et à « le dévaloriser »16. Il se dit déçu par l’attitude de Léa Salamé qu’il « pensait de bonne foi » et ajoute, « je ne me suis pas préoccupé de ses liens familiaux, et communautaires politiques » (sic). Y’a t-il une faute de frappe ici ? Que veut-il dire ? Fait-il référence, comme le dit Rouaud, à la famille de diamantaires dont elle est issue, laissant entendre, au même titre qu’un site de désinformation d’extrême-droite comme Égalité et Réconciliation, qu’elle défend les intérêts de « l’hyperclasse mondialisée » liée à Georges Soros ?

Bref, de quelle « communauté » parle t-il ? Pour Rouaud, il est clair qu’il écrit ces mots en pensant que Salamé est juive et qu’il s’abandonne à l’autre grand trope antisémite après celui du « peuple déicide », à savoir celui associant les Juif·ves à l’argent. Cette accusation est sérieuse, bien sûr, pourtant elle est improuvable. Elle a d’ailleurs été contredite dans la foulée par Patrick Appel-Muller, patron de L’Humanité, qui a pris la plume pour désavouer publiquement son chroniqueur17.

Plus récemment, en 2021, Mélenchon a écrit « non l’ennemi ce n’est pas le musulman, c’est le financier ». Noémie Issan, sur Twitter, a essayé d’expliquer dans un fil de messages18 pourquoi cette opposition lui semblait problématique, dès lors que cette dernière mettait en opposition une personne d’une certaine religion, le musulman, avec une personne qui exerçait un métier, le financier. Or de quelle religion est le financier, si ce n’est le judaïsme, selon toute la littérature antisémite ? Cette personnification de la critique de la finance, en plus de ne pas être opérante du point de vue politique, peut facilement se charger d’un sens antisémite et servir des codes antisémites.

Il est impossible de prouver que ce propos ait été tenu dans une visée antisémite consciente. Il est aussi impossible de prouver qu’il est antisémite d’un point de vue juridique. Mais ce qui est certain c’est qu’il y a eu un sentiment de malaise, de gêne, lié à un faisceau d’indices qui nous fait comprendre qu’il y a bien quelque chose de pourri au royaume de la FI.

De nombreux militant·es, dont Noémie Issan, ont essayé de démontrer en quoi cette expression sonnait comme un dog whistle19  antisémite. Ils ont pris le temps d’analyser, d’écrire, pour expliquer et alerter. Comment ont-iels été remercié·es de leur vigilance ? Par un déferlement de haine en trois temps. D’abord iels ont subi l’attaque et l’ont dénoncée. Ensuite iels se sont fait reprocher leur prise de parole puis ont été harcelé·es. Enfin, iels ont dû tolérer l’auto-victimisation des militant·es et leaders FI, pour qui se faire accuser d’antisémitisme constituait une violence insurmontable.

Il faut rendre justice ici à ces militant·es, juif·ves ou non, et répéter que celleux qui ont essayé d’alerter sur l’ambiguïté de cette formulation malheureuse ont été victimes d’une vague de harcèlement et de dénigrement sur les réseaux sociaux de la part de la sphère FI. Leur prise de parole leur a valu de se faire accuser d’antisémitisme elleux-mêmes selon le raisonnement suivant : si vous voyez ici de l’antisémitisme, c’est que vous êtes vous-mêmes antisémites, ce qui reprend l’argument agité en permanence par la droite « anti-woke », selon lequel le ou la militant·e antiraciste qui dénonce le racisme est ellui-même raciste. L’association entre « financier » et « Juif » n’aurait lieu que dans la tête d’une poignée de personnes obsessives cherchant à discréditer la FI et ne se trouverait pas au coeur d’imaginaires massivement répandus structurant la société moderne depuis plus de deux siècles. Mais les militant·es s’engageant contre l’antisémitisme ont aussi été la cible d’un déferlement antisémite (et misogyne), avec pour paroxysme le #AntisemitiseUnTruc, sensé tourner en dérision cette supposée victimisation constante des Juif·ves qui, décidément, voient de l’antisémitisme partout.

Il devient urgent de comprendre que ce « on ne peut plus rien dire » de gauche, qu’il faut implicitement compléter de « sans se faire taxer d’antisémitisme », n’a rien à envier à son pendant de droite dénonçant un supposé musèlement de la libre expression du fait du « politiquement correct ». Tout autant réactionnaire, une telle formulation abusive ne lutte en rien pour la liberté d’expression mais bien pour qu’une minorité attaquée se taise et subisse en silence. En ce sens, de nombreux militant·es FI, s’émouvant du sort de tous les racisé·es sauf de celui des Juif·ves, suspecté·es par leur prise de parole de plomber leur propre camp politique, sont antisémites. Et ce, avec l’aval des cadres dirigeant·es de la FI. En effet, pourquoi se remettraient-iels en question alors qu’iels ne font que répéter ce qui est dit par leurs leaders ?

« L’accusation d’antisémitisme est le contraire de ce que j’ai fait toute ma vie. »

À chaque parole tendancieuse, à chaque dénonciation, c’est quasiment la même chorégraphie. Les cadres FI défilent sur les plateaux pour crier au malentendu et s’offusquer d’être traité·es d’antisémites, tout en renvoyant au sacro-saint programme de l’« Avenir en Commun », qui lui, est on ne peut plus clair sur ce sujet.

Mais il serait grand temps de se rendre compte que l’on peut en même temps se battre politiquement contre l’antisémitisme et tenir des propos antisémites, ne serait ce que parce que, malheureusement, l’antisémitisme est un vieux ressentiment banal, répandu et insidieux, de manière comparable à la misogynie par exemple. Rien de plus simple que de proférer des propos antisémites sans s’en rendre compte, un peu comme on attendrait d’une femme qu’elle se lève à la fin du repas pour faire la vaisselle. Ce sont des choses ancrées dans nos vies, nos cultures, et leur disparition est l’un des objectifs de nos luttes.

Au contraire, à chaque polémique, la parole de celleux qui osent une voix dissonante est silenciée, comme si l’accusation d’antisémitisme était en soi plus grave que le propos antisémite lui-même. Jamais il n’est question d’entendre la critique, ou même d’y réfléchir. Comme si l’antisémitisme salissait plus cellui qui en est accusé·e que cellui qui en est victime.

Cette inversion, bien connue des féministes notamment, est dangereuse parce qu’elle constitue le terreau parfait de la domination. Et c’est exactement ce qu’il se passe à la FI. Les dominant·es, celleux qui ont le pouvoir dans le parti, rejettent la parole des dominé·es parce qu’elle est supposément trop violente pour être entendue.

Au fil du temps s’est donc installée une sorte d’impunité de cette parole antisémite. Celleux qui crient à l’antisémitisme ont mal compris, ou pire, sont mal-intentionné·es. Lors du rassemblement antiraciste du samedi 13 juin 2020, retentissent des « sales juifs » et autres slogans clairement hostiles. Ils ne sont pas majoritaires, ils ne sont pas représentatifs, mais ils existent. Éric Coquerel, qui n’a rien entendu et qui ne reconnaît même pas la véracité des images vidéo, déclare : « On nous invente l’antisémitisme, ce n’est pas bien de faire ça »20. Il juge ces accusations « insupportables ». Pas les propos eux-mêmes (puisque selon lui ils n’ont pas existé), mais bien les accusations. Il va même plus loin, qualifiant ces dernières de « piège » pour « diviser les gens entre eux ». Pourtant, il n’était pas très compliqué, à l’instar d’une Assa Traoré, d’entendre la parole de celleux qui ont été choqué·es par ces propos. Elle déclare à la fin même du rassemblement que « les racistes n’ont pas leur place dans notre combat »21. Pourquoi est-ce si difficile pour Coquerel de dire la même chose ? Pourquoi ce déni de l’antisémitisme ? Peut-être parce qu’à la FI, on croit réellement, dur comme fer, que les accusations d’antisémitisme ne sont que des manipulations politiques.

« L’accusation d’antisémitisme a été faite partout aux leaders de gauche radicale. »

Le 13 décembre 2019, Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog que le chef de file du Labour en Angleterre, Jeremy Corbyn, a perdu les élections parce qu’il aurait subi « sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud »22. Selon lui, la défaite ne tient ni à sa stratégie politique, ni à ses errements sur le Brexit, mais bien au rabbin Ephraim Mirvis, qui a pris la plume dans le Times pour dénoncer « le poison de l’antisémitisme qui a pris racine au Labour »23. Si on reformule, Corbyn a perdu parce qu’il est la pseudo-victime d’une attaque perpétrée par un agent infiltré de la puissance sioniste.

Devant ce coupable tout désigné, Mélenchon n’a donc pas besoin de se demander d’où viennent ces accusations contre Corbyn ; pourquoi des député·es ou des militant·es historiques ont rendu leurs cartes de membre les un·es après les autres, quittant un parti auquel iels avaient parfois consacré toute une vie24. Mélenchon reproche même à Corbyn sa mollesse, puisque le travailliste, « au lieu de riposter a passé son temps à s’excuser et à donner des gages », affichant « une faiblesse qui a inquiété les secteurs populaires ».

Mélenchon tire de cet épisode anglais une leçon fondamentale, qu’il expose aléatoirement dans ces deux billets de blog de décembre 2019 : l’antisémitisme n’est plus qu’une « méthode de combat pour salir un adversaire »25. L’insoumis·e ne se laissera pas faire, iel a pour mission de dénoncer ce « type de dénigrement (qui) n’est réservé qu’à (sa) famille politique ». Jamais il ne se laissera prendre au jeu, lui, de « plaire aux importants », jamais on ne le verra faire de « génuflexion devant les ukases arrogantes des communautaristes du CRIF : c’est non. ». Et s’il s’agissait de s’en convaincre davantage, il avance, comme preuve ultime, les accusations d’antisémitisme dirigées contre Bernie Sanders : « un juif, kibutzin, partisan de l’existence d’un État d’Israël vivant en paix et en sécurité serait donc antisémite ? ». « Au contraire. Les gens sérieux regardent en coin et comprennent qu’il y a anguille sous roche », écrit-il. Selon lui, partout où des leaders de gauche radicale sont accusés d’antisémitisme, il y a en réalité une charge contre leur « programme social […] et son contenu anti capitaliste ».

L’antisémitisme serait instrumentalisé par les tenants du pouvoir (dans lesquels il inclut à tort le CRIF) pour faire taire les critiques émanant des gauches et discréditer leurs engagements antisionistes et antiracistes. Seulement, « attention ! », dit Mélenchon, « à force de crier au loup… », on risque de passer à côté de l’antisémitisme réel, entendez, celui de droite. Peu importe qu’il ait lui-même, en parlant de « génuflexions » devant le CRIF, convoqué cette image d’un autre temps, digne des plus belles pages du pamphlet antisémite des Protocoles des Sages de Sion, celle d’un groupe de Juif·ves, debout, organisé, donnant des ordres à des politiques agenouillé·es et soumis·es à leur puissance. Pour lui, il n’est pas antisémite, au contraire, il tente de dénoncer ces « importants » au pouvoir qui font tout pour barrer sa route et ainsi le retour aux jours heureux.

On aimerait bien y croire, mais l’ironie veut que le radar de Mélenchon ne se soit pas révélé particulièrement opérant en matière d’antisémitisme. Dans un article publié récemment pour la revue K, Milo Lévy-Bruhl et Adrien Zirah sont revenus sur les conclusions du rapport de l’EHCR (Commission pour l’Égalité et les Droits de l’Humain) sur l’antisémitisme au sein du Labour de l’ère Corbyn26. Organisme public et indépendant, l’EHCR a mené une enquête à partir de mai 2019, suite à de nombreuses plaintes.

Selon l’article, « L’enquête visait à déterminer si le Labour avait enfreint l’Equality Act 2010, dans son attitude envers le judaïsme et les juifs, par l’intermédiaire de ses employés ou agents ». Les conclusions du rapport, publiées en octobre 2020, sont accablantes. On peut y lire qu’« Il est difficile de ne pas conclure que l’antisémitisme au sein du parti travailliste aurait pu être combattu plus efficacement si la direction avait choisi de le faire ». Il démontre en quoi les dirigeant·es d’alors, Corbyn en tête, ont choisi délibérément de ne pas prendre au sérieux la question de l’antisémitisme, laissant de nombreuses plaintes sans réponse.

Keir Starmer, nouveau leader du Labour, a qualifié la remise de ce rapport de « jour de honte » pour le parti travailliste et a décidé de faire de la lutte contre l’antisémitisme l’une de ses priorités. Nous pouvons nous étonner, à l’instar de Lévy-Bruhl et de Zirah, du silence de Mélenchon plus d’un an après la publication de ce rapport. Est-il toujours convaincu, malgré toutes ces preuves accablantes, que l’accusation d’antisémitisme portée à l’encontre de Corbyn était « grossière » ?

« Arrêtez d’inventer des antisémites qui n’existent pas »

À entendre les cadres FI qui s’expriment, iels sont unanimes, l’antisémitisme est un poison, et iels pensent tous lutter contre. Malheureusement, iels semblent ne pas bien en maîtriser les contours. Comme si, selon elleux, tant qu’un « mort au Juif », relevant du pénal, n’était pas prononcé, il n’y aurait pas clairement d’antisémitisme.

Peut-être que la sortie récente sur Zemmour a fait bouger quelques lignes et que certain·es au sein de la FI commencent à se dire qu’il y a peut-être un souci avec leur leader. Mais la levée de boucliers qui a suivi ses dernières déclarations montre que la position majoritaire au sein de leur groupe reste de l’ordre du déni.

Pourtant, il devient nécessaire de comprendre qu’un glissement s’est opéré en matière d’antisémitisme et que peu de responsables politiques se permettraient de faire suinter leur haine des Juif·ves à l’air libre. L’antisémitisme est moins un ensemble de préjugés ciblant explicitement les Juif·ves qu’un mode de pensée défini par sa propension à expliquer le monde à travers des schémas essentiellement conspirationnistes, ainsi qu’une passion peu réceptive à la contre-argumentation rationnelle. Et justement, la conception du monde véhiculée par nombre de discours de Mélenchon prend souvent la forme d’une dénonciation de l’action maléfique de petits groupes oligarchiques oeuvrant de façon plus ou moins cachée à détruire la « patrie ». Ici le financier, là les élites, etc : Mélenchon s’adresse à nos ressorts les plus paranoïaques et mobilise un ressentiment fruste et spontané contre « ceux d’en haut ».

Ces schémas de pensée typiques de l’antisémitisme libèrent une rhétorique complotiste qui, au lieu de développer une critique structurelle de la société et de ses rapports de dominations, excite nos frustrations, encourage nos ressentiments. On peut comprendre, surtout en période de campagne présidentielle, que Mélenchon ait envie de parler aux complotistes, mais on ne peut jamais tolérer que Mélenchon parle comme un complotiste.

Dès 2012, souvenons-nous, Mélenchon minimise les assassinats perpétrés par Mohammed Merah. « Ce type n’est rien, c’est un criminel sanglant, un crétin […] n’acceptons pas une seconde de politiser ce que raconte cet idiot »27. Il a alors participé à cette vague confuse qui a tenté de transformer ce tueur d’enfants en victime, à expliquer son geste non par des raisons politiques mais par des raisons psychologisantes, à atténuer son antisémitisme parce qu’il était musulman et faisait donc partie des « dominé·es ».

En 2021, Mélenchon recommence à minimiser les attentats de 2012, refusant de les considérer pour ce qu’ils sont mais les inscrivant dans un dessein plus large, qui serait de « montrer du doigt les musulmans », créant par là-même une concurrence des racismes profondément délétère. « Vous verrez que dans la dernière semaine de la campagne présidentielle, nous aurons un grave incident ou un meurtre. Ça a été Merah en 2012, ça a été l’attentat la dernière semaine sur les Champs-Elysées [en 2017…]. Tout ça, c’est écrit d’avance28 ».

Cette rhétorique complotiste est néfaste, au moins pour deux raisons. D’une part, elle nie la réalité des motivations antisémites du terroriste. D’autre part, elle permet aux conservateur·rices et réactionnaires d’accuser la gauche d’excuser l’inexcusable, et de se positionner en rempart contre l’antisémitisme. Les Juif·ves sont deux fois perdant·es.

Plus récemment, le leader de la FI tweete : « Le #9novembre est l’anniversaire de la nuit de cristal. Pogrom de masse dans l’Allemagne nazie. Chauffé à blanc, l’antisémitisme s’est déchaîné. Ainsi finit toute campagne de haine contre une religion. C’est la leçon du jour : plus jamais ça ! »29. Nombreux·ses twittos ont réagi pour lui rappeler, outre le fait qu’il ne s’agissait pas d’un pogrom spontané et populaire mais d’une opération orchestrée de A à Z par l’appareil national-socialiste, que les Nazis en avaient après la prétendue « race juive », pas après une religion. Iels ont tenté d’exterminer tous les Juif·ves, autant les athées que les religieux·ses. Et ce n’est pas le seul élément historiquement contestable du tweet. Mais au fond, est-ce vraiment pour dénoncer l’antisémitisme passé que ce tweet a été écrit ? On ne peut pas prétendre s’intéresser à un sujet et écrire quelque chose d’aussi faux en en parlant. Il apparaît clairement que Mélenchon pense, tout comme une large partie de la gauche, que l’islamophobie a remplacé l’antisémitisme comme racisme actuel le plus opérant.

Malheureusement, l’islamophobie semble bien souvent fonctionner conjointement avec l’antisémitisme. L’islamophobie agite aussi cette idée des musulman·es oeuvrant dans l’ombre pour terroriser ou « grand remplacer » la population. Cependant il ne leur est pas attribué de fantasme de puissance, ou de pouvoir caché, contrairement aux Juif·ves. Analyser avec toujours plus de nuance et de finesse ces distinctions pour débusquer la haine où elle se terre — et ainsi désamorcer le ressentiment — est la première étape pour que nos discours soient entendus, partagés et provoquent des changements réels.

Continuer à ignorer l’histoire de l’antisémitisme, à ne pas vouloir comprendre ses ressorts, à s’aveugler face à ses transformations, c’est insulter toute une frange non négligeable de la lutte antiraciste, et donc s’en couper. Mais c’est en plus se condamner à ne pas combattre efficacement l’islamophobie et toute autre forme de racisme opérante au niveau structurel de notre société. C’est, in fine, abandonner le combat antiraciste et laisser se débrouiller celleux qui en souffrent.

En ces temps mouvementés, où la parole raciste se libère et se propage, il devient plus que jamais urgent que la gauche radicale offre une maison, bienveillante et accueillante, à tous les esprits désirant lutter contre la haine, pour qu’ils puissent, nombreux, se dresser ensemble face aux forces de la division et du ressentiment. À vous, à la LFI, de voir si vous savez, non pas seulement écouter, mais entendre, pour une fois.

1« Bilan 2019 des actes antireligieux, antisémites, racistes et xénophobes », gouvernement.fr, 28/01/2020, https://www.gouvernement.fr/bilan-2019-des-actes-antireligieux-antisemites-racistes-et-xenophobes

2https://www.docdroid.net/nycIXwu/z-en-gargamel-pdf

3« Pour les jeunes: je propose une allocation d’autonomie de 1063€ par mois », chaîne Youtube de Jean-Luc Mélenchon, 02/11/2021, https://www.youtube.com/watch?v=wG2IcNFgPo8

4Tweet de Jean-Luc Mélenchon du 02/11/2021, https://twitter.com/JLMelenchon/status/1455598836114722819?s=20&t=XiL3t7cvK56Q5vHEUFIv8w

5« Le Grand Rabbin de France, Haïm Korsia sur Eric Zemmour : « Il est juif ? (…) Il est antisémite certainement, raciste évidemment » », dailymotion.com, 27/10/2021, https://www.dailymotion.com/video/x854sp4

6« Pour Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour « ne doit pas être antisémite » car il « reproduit beaucoup de traditions liées au judaïsme » », bfmtv.com, 29/10/2021, https://www.bfmtv.com/politique/pour-jean-luc-melenchon-eric-zemmour-ne-doit-pas-etre-antisemite-car-il-reproduit-beaucoup-de-traditions-liees-au-judaisme_VN-202110290292.html?fbclid=IwAR3oWM4a0-R17sOK3oTf_KxO4Ox5Xyyz2eBEdGUNzNeBQwJqLbb98-yOIxk

7« Jean-Luc Mélenchon face à Apolline de Malherbe en direct », youtube.com, 15/07/2020, https://www.youtube.com/watch?v=iEitFUsJ5P8

8Haziza Frederic, leplus.nouvelobs.com, 26/08/2014, https://leplus.nouvelobs.com/contribution/1234916-de-discours-en-discours-melenchon-n-en-finit-pas-de-surfer-sur-la-vague-du-populisme.html

9Dieudonné, « Le peuple élu, c’est le début du racisme », citation-celebre.leparisien.fr, https://citation-celebre.leparisien.fr/citations/96840

10Jean-Luc Mélenchon dénonce le «communautarisme épais, violent et agressif» du Crif, francais.rt.com, 04/11/2019, https://francais.rt.com/france/67580-jean-luc-melenchon-denonce-communautarisme-crif

11Duchemin Rémi, « Mélenchon : « « Le communautarisme du Crif est particulièrement agressif » », europe1.fr, 17/12/2017, https://www.europe1.fr/politique/melenchon-le-communautarisme-du-crif-est-particulierement-agressif-3523079

12Ibid.

13Mélenchon Jean-Luc, « Le jour de la honte », melenchon.fr, 02/04/2018, https://melenchon.fr/2018/04/02/le-jour-de-la-honte/

14https://twitter.com/JLMelenchon/status/979056470040956928?s=20&t=QEVZSjrnYQ3uShRz4Yw9Gw

15Rieth Bruno, « Quand Jean-Luc Mélenchon est accusé d’antisémitisme dans l’Humanité », marianne.net, 13/12/2017, https://www.marianne.net/politique/quand-jean-luc-melenchon-est-accuse-d-antisemitisme-dans-l-humanite

16Mélenchon Jean-Luc, « Le lendemain de l’émission », melenchon.fr, 04/12/2017, https://web.archive.org/web/20171204154259/https://melenchon.fr/2017/12/04/le-lendemain-de-lemission/

17Apel-Muller Patrick, « Pas ça ! », Humanite.fr, 12/12/2017 in « À propos d’un article de Jean Rouaud », bernard-deschamps.net, 13/12/2017, http://www.bernard-deschamps.net/2017/12/pas-ca.html

18https://twitter.com/noemie_issan/status/1431926943310561282?s=20&t=W2P3fU8RmIGxV7qYHVPv4g&fbclid=IwAR3cDYY9IrGiVeI_yW00VcQ4N0jLAlD7HtgWXusTWy9WtAk60etQenZ07lE

19Littéralement « sifflet à chien » : utiliser un vocabulaire d’allure innocente pour parler, de façon détournée, à une frange extrême.

20 « Eric Coquerel affirme « qu’on nous invente maintenant l’antisémitisme » suite à la manifestation à Paris », radio.fr, 15/06/2020, , https://www.radioj.fr/2020/06/15/eric-coquerel-affirme-quon-nous-invente-maintenant-lantisemitisme-suite-a-la-manifestation-a-paris/

21https://twitter.com/laveritepradama/status/1272244930035974145?s=20&t=IJJ-37iHGXQUviAOtOiM2A

22 Mélenchon Jean-Luc, « Corbyn : la synthèse mène au désastre », melenchon.fr, 13/12/2019, https://melenchon.fr/2019/12/13/corbyn-la-synthese-mene-au-desastre/

23 Jova Pierre, « Antisémitisme : le grand rabbin accuse Jeremy Corbyn », lavie.fr, 27/11/2019, https://www.lavie.fr/actualite/geopolitique/antisemitisme-le-grand-rabbin-accuse-jeremy-corbyn-3569.php

24Voir à ce sujet Gibbs Sarah, « Tout ce que j’aurais aimé ne jamais savoir sur l’antisémitisme au sein du Labour », golema.net, 2021, http://golema.net/temoignages/tout-ce-que-jaurais-aime-ne-jamais-savoir-sur-lantisemitisme-au-sein-du-labour-sara-gibbs/

25 Mélenchon Jean-Luc, « Antisémitisme : un bon prétexte contre Sanders aussi », melenchon.fr, 27/12/2019.

26Lévy-Bruhl Milo & Zirah Adrien, « Mais que se passait-il dans le Labour de Corbyn ? », k-larevue.com, 27/10/2021, https://k-larevue.com/mais-que-se-passait-il-dans-le-labour-de-corbyn/

27« Mélenchon sur le tueur de Toulouse: « Ne politisons pas cet idiot ! », atlas.info.fr, 21/03/2012, https://atlasinfo.fr/melenchon-sur-le-tueur-de-toulouse-ne-politisons-pas-cet-idiot-_a26890.html

28https://twitter.com/franceinter/status/1401495693332824064?s=20&t=TN6aLFgUlR9XNxe6_uX6cw

29https://twitter.com/JLMelenchon/status/1458018416149860356?s=20&t=5Uo-NLaJU_MyUsjKR2I_UQ

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